samedi 17 juin 2017

Entrée




Les malheurs de Sophisme 

Critique de la déraison médiatique



par 



Jacques Richard


Dernier article : 17 juin 2017













19 Comme un vol de journalistes au-dessus d'un nid de métaphores

Une curiosité stylistique : la métaphore dans la métaphore








Classement : littérature ; littérature et médias ; 


Documents
*Libération, samedi 17 juin 2017, pages 18-19 
Article sur la reprise de l'affaire de Lépanges-sur-Vologne




Remarque

Dans le premier extrait, on a affaire à un « corbeau », terme désignant métaphoriquement l'auteur de lettres anonymes ; dans le second, à un « volatile », terme désignant une catégorie d'animaux ayant la capacité de voler, catégorie dont font évidemment partie les corbeaux. 
Oui, du moins les corbeaux qui croassent... 
En va-t-il de même pour les « corbeaux » métaphoriques, les corbeaux qui écrivent des lettres anonymes ? 
D'autant que, chacun le sait : « les paroles s'envolent, les écrits restent » ! Les paroles sont volatiles, pas les lettres anonymes...

Analyse
Un procédé du même acabit est utilisé lorsque « Le Canard enchaîné », alias « Le Canard », est désigné par la formule « le palmipède », devenue codifiée ; en revanche, si on peut aller acheter ou lire « un canard », personne n'a encore l'idée de dire « je vais aller acheter un palmipède chez le marchand de journaux ».



Création : 17 juin 2017
Mise à jour : 
Révision :
Auteur : Jacques Richard
Blog : Les Malheurs de Sophisme
Page : 19 Comme un vol de journalistes au-dessus d'un nid de métaphores
Lien : http://lesmalheursdesophisme.blogspot.fr/2017/06/vol-de-journalistes-nid-de-metaphores.html

































mardi 25 avril 2017

18 Sur un écrit de Jean-Claude Izzo

Quelques informations concernant un manuscrit inédit de Jean-Claude Izzo





Classement : littérature ; littérature et médias ; 


Document



Description du document
Il comporte quatre éléments :
1) la page d’avant-titre du roman de Jean-Claude Izzo Le Soleil des mourants ;
2) au centre de cette page, une dédicace de l’auteur encadrant le titre ;
3) en haut à droite de cette page, une indication manuscrite de prix (3 euros) ;
4) posé sur cette page de titre, un ticket de caisse daté du 27 juin 2009, d’un montant de 3 euros, pour l’achat d’un roman.

Texte de la dédicace
                        Pour Pierre Marcelle
                        Le soleil des mourants ,
                        juste pour croire que
                            la vie peut être autre.
                                       Signature

Notes
*Jean-Claude Izzo (1945-2000) : écrivain
*Pierre Marcelle (1952-) : journaliste

Analyse
D’après les élément énumérés ci-dessus, l'ouvrage, dédicacé par l'auteur au journaliste Pierre Marcelle, s'est apparemment trouvé mis en vente dans une librairie d’occasion de Nantes (la Bouquinerie du Centre, 12 rue Vieille Douve). 
C'est très surprenant. Il aurait été plus compréhensible qu'il se trouve dans une librairie d'occasion de Paris ! 

Commentaires
Néant



Création : 25 avril 2017
Mise à jour : 10 juin 2017
Révision :
Auteur : Jacques Richard
Blog : Les Malheurs de Sophisme
Page : 18 Sur un écrit de Jean-Claude Izzo
Lien : http://lesmalheursdesophisme.blogspot.fr/2017/04/sur-un-ecrit-de-jean-claude-izzo.html


























vendredi 31 mars 2017

17 Sur les pédants linguistiques

Quelques points de linguistique appliquée à l'usage des jeunes générations médiatiques : la prononciation des transcriptions d’alphabets cyrilliques


Classement : alphabet cyrillique ; langues slaves ; médias et langues étrangères




Ceci est une suite de la page Haro sur les livreurs de pizze, consacrée aux gens qui disent « scénarii » au lieu de « scénarios ».

Une autre erreur récurrente est de prononcer des noms transcrits du cyrillique, non pas selon les conventions du français, mais selon des conventions d’autres langues. Deux exemples :

Timochenko ou Timotchenko ?
La belle Ioulia, dont le nom selon la graphie cyrillique ukrainienne s’écrit Тимошенко, était gratifiée, aux temps lointains où elle faisait parler d’elle, par certains « native French speakers » de la prononciation /Timotchenko/.
Pour quelle raison ? Parce qu’ils supposaient que ce « ch » devait être lu comme en anglais ! Sans doute pour prouver leur bonne connaissance de cette langue ! Acquise à grand peine à Sciences Po !
En l’occurrence, en anglais, le nom de Ioulia Timochenko est transcrit « Timoshenko », marquant clairement qu’on a affaire au son de « chat » ou de « shampooing » et non pas à celui de « Che Guevara ». C’est-à-dire qu’il suffisait, pour « avoir bon » et réussir le Grand Oral, de lire le « ch » de « Timochenko » comme on fait dans 99,9 % des cas en français.

Soljenitsyne ou Solyénitsyne ?
Autre victime de ce phénomène : Alexandre Soljenitsyne (Александр Солженицын), dont le nom est parfois prononcé /Solyénitsyne/ (par exemple par Yean-Noël Yeanneney, dans son émission sur France Culture il y a quelques années ; et, récemment (23 mars 2017), dans une conférence de Stéphane Courtois, pourtant spécialiste de l’histoire du communisme ; il disait en revanche correctement, pour Iéjov, /Yéjov/ et non pas /Yéyov).
Ce n’est pas l’anglais qui est ici responsable (on ne dit pas /Soldjénitsyne/), mais l’allemand (ainsi que plusieurs langues slaves à graphie latine), où le « j » correspond au son /y/ (semi-consonne, comme dans « yéyé »).
Eh bien, non ! Il faut prononcer /Solgénitsyne/, il s'agit d'un « j »  parfaitement français correspondant à la lettre cyrillique « ж », comme dans « Jitomir »*, « Le docteur Jivago »* (flûte, ce ne sont pas de très bons exemples), comme dans « Jean », « Jacques », mais aussi « jaja », « jojo », « jujube », « je le jure », etc. etc. En anglais, on écrit « Solzhenitsyn », en allemand « Solschenizyn » (ach... cette transcription est un peu moins bonne).
Notes
*Jitomir : Житомир, ville d'Ukraine
*Jivago : Живаго, en anglais Zhivago ; noter que ce nom est prononcé correctement, personne n’a l’idée de dire /Yivago/ (peut-être à cause du film...)

D’accord, c’est compliqué, « ça manque de lisibilité ». Mais il existe un ouvrage qui a été consacré à ce problème (Pierre Maës, La prononciation des langues européennes, Paris, Centre de Formation Professionnelle des Journalistes, 1993), malheureusement méconnu par ceux à qui il est destiné en premier lieu. Dont certains, imbus de leur ignorance, font, de nouveau, preuve de pédantisme linguistique…



Création : 31 mars 2017
Mise à jour :
Révision : 2 septembre 2017
Auteur : Jacques Richard
Blog : Les Malheurs de Sophisme
Page : 17 Sur les pédants linguistiques
Lien : http://lesmalheursdesophisme.blogspot.fr/2017/03/haro-sur-les-pedants-linguistiques.html



























mercredi 29 mars 2017

16 Sus aux livreurs de pizze !

Quelques points de linguistique appliquée à l'usage des jeunes générations médiatiques : à propos de la prononciation de l’italien


Classement : linguistique ; italien ; médias





Je partirai d’un exemple concret, quoiqu’un peu ancien : le lundi 19 novembre 2012, sur France Culture, durant le journal de 12 h 30, le correspondant de Radio France à Tel-Aviv évoquait « deux scenarii possibles » (en insistant sur le « hi-hi ») pour la suite du conflit entre Israël et le Hamas.

Question : Pourquoi dire « scenarii » et non pas « scénarios » ? Alors qu’il ne vient à l’esprit de personne de parler de « livreurs de pizze ».

C’est d’autant plus inapproprié, en l’occurrence, qu’en italien :
1) le pluriel de « scenario » est « scenari » et non pas « scenarii » (lien)
2) « scenario »  signifie en premier lieu « décor », tandis que « scénario » se dit « soggetto » ou « scenegiattura ».
3) en italien, « sce- » se prononce /ché-/ (comme dans « schéma ») ; pour autant, l’homme des « scenarii » prononce /sénarii/ et non pas /chénarii/.
4) sans parler de l’accent tonique
5) enfin, le mot « scénario » est-il approprié pour une situation de conflit ? Si seulement il s’agissait d’une « mise en scène » !

Bref, sous prétexte de « respecter » l’origine italienne du mot, les amateurs de « scenarii » (ou de « concerti », etc.) ne prouvent que leur pédantisme (mélange d’ignorance et de bêtise).




Création : 20 novembre 2012 dans Blogoliot (Haro sur les livreurs de pizze)
Transfert : 29 mars 2017
Mise à jour :
Révision :
Auteur : Jacques Richard
Blog : Les Malheurs de Sophisme
Page : 16 Sus aux livreurs de pizze !
Lien : http://lesmalheursdesophisme.blogspot.fr/2017/03/sus-aux-livreurs-de-pizze.html

























jeudi 23 mars 2017

15 Voltaire a aussi écrit des sottises

Il n'en a pas seulement dit !




Classement : Voltaire ; Jean-Jacques Rousseau ; origine de la société


Référence
*Extrait de l'article « Homme » du Dictionnaire Philosophique (1770)

Texte
« Quelques mauvais plaisants ont abusé de leur esprit jusqu'au point de hasarder le paradoxe étonnant que l'homme est originairement fait pour vivre seul comme un loup-cervier, et que c'est la société qui a dépravé la nature. Autant vaudrait-il dire que, dans la mer, les harengs sont originairement faits pour nager isolés, et que c'est par un excès de corruption qu'ils passent en troupe de la mer Glaciale sur nos côtes; qu'anciennement les grues volaient en l'air chacune à part, et que par une violation du droit naturel elles ont pris le parti de voyager en compagnie. [...
...] Le même auteur, ennemi de la société, semblable au renard sans queue, qui voulait que tous ses confrères se coupassent la queue, s'exprime ainsi d'un style magistral :
”Le premier qui, ayant enclos un terrain, s'avisa de dire : Ceci est à moi, et trouva des gens assez simples pour le croire, fut le vrai fondateur de la société civile. Que de crimes, de guerres, de meurtres, que de misères et d'horreurs n'eût point épargnés au genre humain celui qui, arrachant les pieux ou comblant le fossé, eût crié à ses semblables : Gardez-vous d'écouter cet imposteur; vous êtes perdus vous oubliez que les fruits sont à tous, et que la terre n'est à personne !”
Ainsi, selon ce beau philosophe, un voleur, un destructeur aurait été le bienfaiteur du genre humain; et il aurait fallu punir un honnête homme qui aurait dit à ses enfants :
“Imitons notre voisin, il a enclos son champ, les bêtes ne viendront plus le ravager; son terrain deviendra plus fertile ; travaillons le nôtre comme il a travaillé le sien, il nous aidera et nous l'aiderons. Chaque famille cultivant son enclos, nous serons mieux nourris, plus sains, plus paisibles, moins malheureux. Nous tâcherons d'établir une justice distributive qui consolera notre pauvre espèce, et nous vaudrons mieux que les renards et les fouines à qui cet extravagant veut nous faire ressembler.”
Ce discours ne serait-il pas plus sensé et plus honnête que celui du fou sauvage qui voulait détruire le verger du bonhomme? »

Analyse
D'abord, il ne nomme pas l'objet de sa polémique (Rousseau), utilisant un procédé classique de désinformation (utilisé, me semble-t-il par les théologiens qui avaient à lutter contre une hérésie !)
D'autre part, il faut bien reconnaître que, dans la seconde partie de cet extrait, Voltaire raisonne comme un tambour mal accordé : Rousseau parle du « premier qui s'avisa d'enclore un champ... » ; Voltaire évoque, dans une scène affreusement sentimentale (préfiguration des séries américaines du style Bonanza ?) un homme qui ne fait rien d'autre que « d'imiter son voisin », ce qui ne l’empêche pas d’être le « premier homme qui… ».

Conclusion
On a connu Voltaire plus performant.
Ça me fait penser à une blague bretonne : qu’est-ce qu’un « Adam » dans un café breton ? Réponse : le premier rhum.



Création : 23 mars 2017
Mise à jour :
Révision : 2 septembre 2017
Auteur : Jacques Richard
Blog : Les Malheurs de Sophisme
Page : 15 Voltaire a aussi écrit des sottises
Lien : http://lesmalheursdesophisme.blogspot.fr/2017/03/voltaire-aussi-ecrit-des-sottises.html


























mardi 21 mars 2017

14 A propos de la grammaire en Belgique

Sur une incongruité grammaticale proférée par le linguiste belge Marc Wilmet dans Télérama




Classement : grammaire ; linguistique


Référence
*Marine Landrot, « Un enseignement néfaste pour l’intelligence » (entretien avec Marc Wilmet), Télérama n° 3503, 1° mars 2017, pages 26-28

Présentation
Dans ce numéro, Télérama consacre à l’ « affaire du prédicat », sous le titre Faut-il supprimer l’enseignement de la grammaire à l’école ?, un dossier composé d’un article de Marion Rousset, « Grammaire : simplifier, c’est compliqué », et de l’entretien référencé.

Marc Wilmet énonce un certain nombre de choses plus ou moins intéressantes, puis il advient que son discours dérape sérieusement, sans que Marine Landrot s’en offusque.

Texte
 De « On nous a appris... » à la fin.

 Le texte se poursuit par « [voulez-]vous qu'il s'y retrouve ? »

Analyse
Pour ma part, ayant eu mon instruction primaire dans les années 1950, je me rappelle parfaitement que pour trouver le sujet, on devait se poser la question « Qui est-ce qui… ? ». Par exemple, pour la phrase « Le chat a mangé une souris » (ça arrive), on se demande « Qui est-ce qui a mangé une souris », réponse : « le chat », qui est donc « le sujet ». Si en revanche on s’intéresse à la souris, on pose la question « Qu’est-ce que le chat a mangé ? », réponse « une souris », qui est donc « le complément » (bien entendu, ce n’est pas la souris-animal qui est le complément, mais le groupe de mots « une souris »).
« Qui est-ce qui… ? » et « Qu’est-ce que… ? » : voilà les deux questions que j’ai appris à me poser.
La question « Qu’est-ce qui… ? » me parait quelque peu bizarroïde pour localiser le sujet, ou du reste, le complément. Du reste, Marc Wilmet l’abandonne aussitôt ; à propos de son exemple « Il pleut des hallebardes », il pose la question « Qu’est-ce qu’il pleut ? ». Or cette formulation correspond à la question « Qu’est-ce que… ? », avec élision du « e » de « que » devant voyelle ; elle ne peut en aucun cas être dérivée de la question « Qu’est-ce qui… ? ».
Si on veut respecter la norme de la pédagogie ancienne, pour trouver le sujet de cette phrase, il faut poser la question « Qui est-qui pleut des hallebardes ? », et la réponse ne peut être que « il ». « il » est le sujet grammatical, indépendamment de tout sens (« il » ne renvoie a priori à rien). A partir de là, on peut s’intéresser aux hallebardes et poser la question « Qu’est-ce qu(e)’il pleut ? », réponse : « des hallebardes », qui est donc déterminé comme complément.

En fait, Marc Wilmet a choisi un exemple retors, avec formulation « impersonnelle ». Il est évident que « il pleut », « il neige », « il faut » posent des problèmes d’articulation du sens avec la structure linguistique, étant donné qu'on ne sait pas du tout ce qu'il y a derrière ce « il »

Et sur son exemple retors, il pose une question tordue (« Qu’est-ce qui… ? »), une question qu’il a inventée de toute pièce, une question qui ne peut être posée en français ! Peut-être a-t-il pensé à un énoncé du type « Qu’est-ce qu’i fait, ce gars-là ? ».

Conclusion
Bravo la linguistique belge (ou téléraméenne ?) !!!



Création : 21 mars 2017
Mise à jour :
Révision : 2 septembre 2017
Auteur : Jacques Richard
Blog : Les Malheurs de Sophisme
Page : 14 A propos de la grammaire en Belgique
Lien : http://lesmalheursdesophisme.blogspot.fr/2017/03/a-propos-de-la-grammaire-en-belgique.html